Jürgen Zwingel expose à la Galerie Binôme

A_JurgenL’exposition réunit ainsi deux séries distinctes mais complémentaires, en ce qu’elles traduisent cette même considération pour les autres.

Dans la première série, chaque passant, capturé en plongée sur un carré de rue, apparaît en concentré, substantifique forme colorée qui se détache sur l’asphalte. A partir d’un point de détail remarquable et singulier, le photographe construit un souvenir de l’autre dans la mémoire du spectateur pour l’arracher à l’oubli. Ainsi, d’une jeune femme qui pivote sur elle-même en bouton de rose, de l’élan solaire d’une enfant, d’un face-à-face en forme de croisade blanche…

Penché au dessus d’une passerelle, immobile et attentif, Jürgen Zwingel fixe les individus, toujours au même point de passage, sur le fond neutre du bitume ou l’acier strié d’un escalier mécanique. Photographiant ses sujets de haut et de dos, il cherche à les faire émerger de l’anonymat où ils se trouvent, en révélant la singularité de chacun. Avec une grande économie de moyens, saisissant l’impact d’un geste, la grâce d’un mouvement, la présence d’une silhouette… il accroche et pose notre regard sur les gens, le temps de leur redonner corps et identité.

Dans la seconde série, prise dans la montée des marches d’un escalier mécanique à la sortie du métro, Jürgen Zwingel s’attache davantage aux postures et aux mimétismes, à la reproduction des comportements et à l’aptitude de certains à s’inscrire sans se confondre dans le milieu urbain, aux petits signes de résistance. Ainsi d’un baiser volé, d’une épuisette, d’un étui de trombone pour distraire la solitude et l’ennui des uns, insuffler des touches de tendresse et d’humour dans le quotidien des autres. En réalité, chaque image se lit comme un petit scénario où le photographe se joue des passants, dresse des parallèles, provoque des rencontres.

Jürgen Zwingel jusqu'au 22 juin 2010 - Galerie Binôme 29, rue Saint-Paul Paris 4 http://www.galeriebinome.com/fr/1-accueil/