Faut-il accepter la légitimité de la perception ?

Frederic_Fougerat___directeur_de_la_communication_groupe_d_Altran___credit_BIl y a les faits, les actes, les paroles, et la perception que nous pouvons en avoir. En RH comme en communication, la notion de perception est de plus en plus prise en compte car elle peut être différente de la réalité ou des intentions.  Mais est-elle pour autant légitime ?

Le DRH, professionnel socialement responsable, s’attache à toujours respecter les règlementations, à commencer par le code du travail, les conventions collectives ou le règlement de son entreprise. En développeur, il s’efforcera  d’accorder toute son attention à l’humain, pour gérer ses ressources avec le plus de proximité et de considération. Pourtant, la perception d’autrui sur ses intentions et ses actes ne sera pas nécessairement conforme à la réalité, à sa réalité.

Alors que l’intention peut-être bonne, la perception peut être mauvaise.

Le communicant, notamment celui en charge de la communication interne pourra lui aussi déployer des efforts créatifs ou pédagogiques démesurés, pour présenter un projet, informer des collaborateurs, sans parvenir à ses fins si sa cible ne reçoit pas les messages tel qu’il l’envisageait, si la perception est différente de l’intention.
La culture du bien et du mal qui influe très fortement sur notre société , nos schémas de pensées et nos comportements, évolue vers plus de sensibilité et de nuance, déplaçant les curseurs de référence, et offrant une place croissante au jugement, à la réflexion et à l’appréciation.

Aujourd’hui, en donnant une valeur vraie à la perception, le message reçu devient parfois plus important que le message émis.

Que je dise « noir » ou « blanc », si la perception de mon interlocuteur est « gris », alors je dois me positionner par rapport à sa perception, la considérer, voire reconsidérer mon propos.

En matière de prévention des risques psychosociaux au travail, on cherche en premier lieu à identifier les situations de mal-être, telles qu’elles peuvent être vécues et non telles qu’elles peuvent être causées, même  si les causes sont évidemment ensuite recherchées pour être traitées.

La même violence verbale entre pairs, par exemple, n’affectera pas de la même manière les collègues d’un même service, voire n’en affectera peut-être pas certains.

A l’inverse, une simple plaisanterie, dont la seule intention est de détendre l’atmosphère pourra être perçue par certains comme une agression et créer une blessure ou un traumatisme.

Dans ce nouvel environnement, autant lié à l’évolution des esprits, des règlementations que  de la technologie, la notion de perception se développe et prend une nouvelle valeur.

Dans cette logique, communicants et RH vont également voir leur rôle se développer pour être toujours plus à l’écoute, faire preuve de plus d’empathie, apprendre à mieux informer, expliquer, communiquer, pour mieux échanger, partager, faire adhérer.

Dans un monde où les nouveaux moyens d’information, notamment les médias sociaux, placent chacun d’entre nous au cœur des réseaux de communication, où la réaction affective d’un novice a la même valeur, le même espace d’expression et le même auditoire potentiel que l’avis d’un expert, alors le professionnel doit attacher de plus en plus d’importance à la perception qui, de toute évidence, acquiert aujourd’hui une légitimité nouvelle, forte et impactante.

Frédéric Fougerat, éditeur de DirComLeBlog

Photo : Frédéric Fougerat par B.Decout pour l'agence Réa

Retrouvez la tribune d'expert de Frédéric Fougerat sur Focus RH : http://www.focusrh.com/tribunes/faut-il-accepter-la-legitimite-de-la-perception-par-frederic-fougerat.html