Interview communication politique de Frédéric Fougerat, pour le Cercle des communicants et journalistes francophones

Pourquoi d’après vous les communicants politiques sont-ils si détestés ?

Les communicants politiques sont probablement détestés pour deux raisons majeures. D’une part, ils servent souvent de fusibles et sont, de ce fait, souvent présentés négativement, comme les responsables des échecs de communication. Quand un homme ou une femme politique affiche des succès dans sa communication, on affirme qu’il ou elle a un sens incroyable de la communication, et n’a donc pas recours à des conseillers. À l’inverse, en cas d’erreur, la faute de communication sera souvent reportée sur le communicant pour protéger la personnalité politique. C’est peu glorieux, et très négatif pour la profession. Parfois aussi, le communicant est appelé en dernier recours. Il n’a pas été associé à temps, il ne lui a pas été communiqué toutes les données d’un sujet, il n’a pas été écouté, puis on attend de lui qu’il vienne, avec une solution miraculeuse, régler une situation en urgence. Mais les urgences, cela reste le domaine de l’hôpital et des pompiers. La communication, elle, est une question de vision, de professionnalisme, de stratégie, d’organisation, d’expertise, pas de bricolage de dernière minute.

D’autre part, les communicants politiques se donnent parfois eux-mêmes une image négative, qui nuit à l’ensemble des communicants politiques. Ce sont celles et ceux qui s’expriment dans les médias, interviennent sur les plateaux de télévision, et qui confondent leur rôle d’observateurs et d’experts avec celui des politiques. Ce mélange des genres, quand il se produit, participe à décrédibiliser leur discours, mais aussi toute une profession.

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Frédéric Fougerat / Crédit photo : Patrick Gaillardin