TRIBUNE COUP DE GUEULE DE FRÉDÉRIC FOUGERAT
Je ne suis pas une attraction !
Être exposé publiquement n’a jamais signifié être à la disposition du public. Pourtant, beaucoup semblent l’oublier. Dès que la visibilité s’installe, notamment professionnellement, certains pensent qu’elle ouvre un droit aux autres : celui d’exiger de votre temps, de votre attention, de votre énergie. Comme si l’humain, le professionnel disparaissaient derrière la personnalité publique. Comme si la vie privée devenait un espace commun dans lequel chacun peut se servir. Comme si l’agenda n’existait plus. Comme si votre temps ne comptait plus, ou pas pour les autres.
L’exposition n’est pas la mise à disposition
Ce qui relève peut-être d’un manque d’empathie vient souvent d’une confusion simple : la présence publique rendrait la personne non pas disponible, mais à disposition. Non. La visibilité n’efface ni les responsabilités, ni les engagements, ni les limites. Elle ne transforme pas un dirigeant, une experte, un auteur ou une conférencière en attraction libre service.
Les sollicitations « pour le plaisir de faire connaissance », « pour discuter cinq minutes », « pour prendre un café… même à 7h de mat avant d’aller bosser… » se multiplient, sans rapport avec une mission, un projet ou un enjeu professionnel. Elles ne sont jamais malveillantes. Souvent spontanées. Parfois flatteuses. Mais elles ignorent un principe de base : chaque rencontre a un coût réel. Un coût en temps, et en temps qui ne sera pas consacré à sa famille, ses amis, ses collègues… un coût en déplacement, en attention, en charge mentale, en heures de travail qu’il faudra reporter dans la journée…. Elles ignorent tout de la réalité, pour ne pas dire de la complexité d’un agenda qui ne ressemble en rien au leur.
Gérer le temps et les susceptibilités
Pour les personnes très sollicitées, il devient indispensable de poser des règles. Non pour se protéger du public, mais pour protéger son travail. Pour préserver sa concentration. Pour sauvegarder sa vie privée. Parmi ces règles, ne pas s’autoriser, par exemple, plus d’une rencontre informelle par semaine, privilégier les visiteurs étrangers qui viennent de loin, demander à ce que la personne intéressée revienne elle-même vers vous lorsque votre agenda est complet, et non l’inverse. Vous ne pouvez pas enregistrer 10, 15, 20 demandes en attente et devoir ensuite les gérer. Ce ne sont pas des caprices. C’est de l’organisation, et de l’hygiène professionnelle.
Vous devez aussi gérer les susceptibilités, pour obtenir la compréhension, et éviter de vexer des personnes qui trouveront peut-être méprisant ou prétentieux de ne pas satisfaire immédiatement leur demande, pourtant censée vous honorer.
Je ne suis pas une attraction ! Par Frédéric Fougerat
Être exposé publiquement n'a jamais signifié être à la disposition du public. Pourtant, beaucoup semblent l'oublier. Dès que la visibilité s'installe, notamment professionnellement, certains...
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